2 juin : journée mondiale pour un tourisme responsable

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Le tourisme solidaire

Le tourisme équitable et solidaire qu’est-ce que c’est ?

Le 2 juin était la Journée internationale du tourisme solidaire. C’est donc l’occasion de sensibiliser aux formes alternatives de tourisme.

Le tourisme de masse : Le tourisme de masse est l’une des formes de tourisme les plus rependues à ce jour.

Il fait son apparition en 1936 lors des premiers congés payés. Il est d’abord réservé à une clientèle fortunée puis s’étendra à une plus grande partie de la population dite de « masse » qui pourra ainsi partir en vacances à partir des années 1960.

Les touristes, par ce biais participent au développement de l’économie du secteur touristique, grâce notamment au développement des moyens de transports qui vont de plus en plus vite et toujours plus loin. Mais également grâce au développement des infrastructures hôtelières.

Le développement accéléré des infrastructures liées au tourisme et la hausse de fréquentation des zones touristiques ont conduit à des dérives qui ont mis en danger les populations locales et l’environnement.

La prise de conscience venant des touristes, mais également des professionnels du secteur va donner naissance à d’autres formes de tourisme.

Le tourisme durable et responsable : Le tourisme durable et le tourisme responsable sont synonymes. Ils participent au développement des territoires d’accueil au « Nord » comme au « Sud » tout en considérant les problématiques de ce siècle : la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité, la lutte contre les atteintes aux droits humains…

Le tourisme équitable : Cette forme de tourisme concerne surtout le rapport « Nord / Sud ». Le tourisme équitable permet aux populations du « Sud » de tirer davantage de bénéfices socio-économiques d’une part en participant au développement des activités touristiques et d’autre part avec une redistribution équitable des bénéfices.

Le tourisme solidaire : Le tourisme solidaire est défini comme s’inscrivant à la fois dans une perceptive « responsable » et « équitable », mais est plus directement associé à des projets de solidarité. En effet, le voyagiste prévoit de soutenir des actions de développement en dédiant une partie du prix du voyage au financement d’un projet solidaire.

    Le tourisme solidaire insiste sur :
  • La sensibilisation des voyageurs à la préparation au voyage.
  • Les possibilités de contact avec la population locale : rencontres, activités culturelles, logement chez l’habitant.
  • Les problématiques environnementales : sensibilisation des voyageurs sur la gestion des déchets ou la gestion des ressources.
  • L’implication dans un ou plusieurs projets de développement local, déterminé par la population d’accueil.
  • Les retombées économiques locales.

L’éco-tourisme : L’éco-tourisme est une forme de tourisme un peu plus spécialisée. Il s’agit de voyage dans la nature, en zone rurale. Cette forme de tourisme contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations d’accueil.

Le tourisme solidaire est l’une des réponses aux problèmes causés par le tourisme de masse. De plus en plus de touristes sont conscients des incidences du tourisme de masse sur les populations locales et leur environnement. Les touristes veulent devenir des voyageurs plus respectueux du monde et des populations qui les accueillent.

Les professionnels du tourisme constatent depuis une dizaine d’années l’émergence d’une nouvelle forme de tourisme dite éthique et solidaire. Les voyageurs sont désireux de donner du sens à leurs vacances.

    Le tourisme solidaire possède 3 principes importants :
  • Les offres touristiques sont portées par et pour les populations locales,
  • Elles permettent de valoriser les ressources du territoire,
  • Les offres touristiques favorisent les échanges entre accueillants et dans le respect mutuel des cultures de chacun.

Le tourisme solidaire est né d’une idée louable : celle d’un tourisme plus juste pour l’environnement et pour les populations locales.

Depuis un peu plus de 10 ans, les professionnels du tourisme ont vu apparaitre une nouvelle demande de la part de leurs clients : voyager mieux et sortir des « sentiers battus ». Le voyageur veut donner du sens à ses vacances.

Le voyage peut avoir un rôle citoyen et « éduque » le voyageur dans le sens où il peut lui faire comprendre les inégalités des pays du « Nord » par rapport au « Sud », comme le relate Boris Martin dans son ouvrage « Voyager autrement, vers un tourisme responsable et solidaire » (2002).

Volontourisme

Le volontourisme est la contraction de deux mots : « Volontaire » et « Tourisme ».

Il peut être considéré comme une dérive du tourisme solidaire.

Si le voyageur souhaite donner du sens à ses vacances et se sentir utile, l’aide qu’il souhaite apporter n’est pas toujours bénéfique sur le long terme aux populations locales, comme le démontre le reportage du 02 mars 2017 de l’émission « Envoyé Spécial » sur les dérives du tourisme solidaire.

Enrichir son cv, vivre une expérience forte, donner du sens à ses vacances, répondre à une aspiration personnelle, sont autant de raisons qui poussent les touristes à faire du bénévolat pour un projet qui se veut solidaire. Certaines organisations touristiques ont bien compris que l’ « humanitaire » pouvait devenir un marché lucratif. La misère devient une « attraction rentable » et certains voyagistes n’hésitent pas à pratiquer des tarifs 10 fois plus élevés que le tourisme classique comme le relate l’émission « Tout compte fait » dans son reportage sur le tourisme solidaire du 07/06/16.

Cela nous pousse à s’interroger sur le fait de payer pour faire du bénévolat et se demander également à qui profite réellement l’argent ?

Comment un projet altruiste peut se transformer en un business rentable qui profite à tout le monde sauf à la population locale ?

Pour aller plus loin :

Tourisme et solidarité en Alsace

A Colmar, se tient tous les ans début novembre le Salon International du Tourisme et du Voyage (SITV) . On trouve à l’intérieur de ce salon un autre salon : « Le salon Solidarissimo ». Solidarissimo a été créé en 2009 par Colmar Expo et l’ONG « Tourisme Sans Frontières ».

Le salon assure la promotion d’un tourisme et d’une économie solidaire. Il est à ce jour un évènement incontournable en France. Le visiteur y trouvera plus de 60 exposants de tous horizons : agences de voyages, associations, ONG, offices de tourismes, acteurs locaux qui proposent un tourisme de qualité, solidaire et éthique. Des agences de voyages solidaire s’y retrouvent pour faire progresser cette autre manière de voyager.

Cette année, le salon Solidarissimo se déroule du 10 au 12 novembre 2017 à Colmar.